Je suis un agent économique et technique, désespérant d’en être un. ^^
Mais également un de vos auditeurs, cette fois ci bien plus espérant d’en être. Vos vidéos m’ayant déjà beaucoup apportées.
En bon agent économique et technique, (architecte logiciel de surcroît), je suis porté depuis une dizaine d’années par le projet de produire un ensemble d’outils qui permettraient de nous « sauver » de cette fin du monde ayant déjà eu lieu. ^^
( Qui a dis qu’on devait respecter la concordance des temps, après tout ? )
J’aimerai beaucoup échanger avec vous sur la conception de cet outil.
N’ayant qu’un point de vu de technicien (par définition limité), je pense indispensable d’intégrer le point de vu d’un anthropologue dès l’élaborations des fondements.
L’idée est de développer des outils véritablement sociaux (et donc aussi politique, au vrai sens du terme), de re-donner aux gens le pouvoir de faire communauté (à taille humaine), et de tisser des liens « symbiotique » diriez-vous, avec les autres communautés. Ou plus humblement, d’au moins leur fournir des outils qui n’asservirons pas ces humains, groupes et communautés à des pouvoirs hégémoniques ou des idéologies destructrices du « sujet ».
La propriété culturellement dissolvante des mondes virtuels tenant, pour moi, plus de la volonté hégémonique de ses patrons-commanditaires ultra-libéraux, que de sa nature informatique. (qui peut aussi être très émancipatrice, « culturante » et dé-centralisée)
Vos vidéos m’ont déjà beaucoup aidé à élargir mon point de vu, éviter des écueils, et intégrer des oublis important (comme la place à donner aux morts dans une communauté humaine, si on tiens réellement à sacraliser la vie et non la seule performance économique et technique)
Ma démarche : Plutôt que de chercher des « idées neuves », je pense plus pertinent d’essayer d’adapter et d’intégrer aux outils informatiques modernes des pratiques ancestrales communautaires, aujourd’hui oubliées. (Notamment des pratiques décisionnelles démocratiques et relationnelles, sans « votes » si possible. )
J’aimerai bien être éclairé sur des pratiques qui, bien qu’effacées en surface par le macro-système économique, resteraient ancrées culturellement dans notre inconscient collectif. Pratique qui, par ces racines, reprendraient à mon avis rapidement sens, et seraient facilement (ré)assimilables. Bien plus que des « nouveautés » intelligentes, mais qui « compteraient » sur un effort important d’adaptation de la part des utilisateurs.
J’imagine aussi plus efficace d’intégrer des pratiques déjà éprouvées, donc enrichies et nuancées par l’expérience et la critique humaine.
Sans être un connaisseur du domaine, je pense à la pratique du crédit dans les sociétés orales, et du sentiment de « quittitude » (désolé pour le terme : Le sentiment de se sentir réciproquement quitte, et la ritualisation permettant de l’affirmer et de l’affermir dans le temps).
J’aimerai m’inspirer des savoirs faire de « l’ancien monde » pour offrir des alternatives fiables et subjectives aux pratiques financières et contractuelles modernes, écrites, « objectivés » par la mesure, et dé-sujetisée par la suppression de l’interprétation.
Je tente aussi de résister à la fagocitation de la sphère sociale par la sphère professionnelle. À lui redonner une place importante, permettant au groupe de se (re)poser comme protection (solidaire) des individus dans leurs interaction avec le monde et les autres communautés. Cassant la tendance à l’atomisation des individus, dans leurs rapports au reste du monde.
J’essaye également d’informatiser l’oubli, ou d’intégrer du droit au mensonge. ( seule arme permettant réellement à mon avis de résister à une oppression informatique-tive illégitime. Arme qui me semble indispensable dans toute organisation humaine, mais particulièrement dans un monde de plus en plus soumis au « jugement populaire » et au flicage généralisé. )
Bref.
Je vous propose de vous offrir un café pour en discuter, si j’arrive un jour autours de Paris. Ou communiquer par mail.
( Je suis actuellement à Cambridge. Et je vais ré-aménager prochainement en Bretagne. Mais je compte me déplacer souvent sur Paris. )
Dites moi si l’idée vous intéresse.
PS :
Je précise une chose importante.
Le but de l’application n’est pas vraiment lucratif, et je ne crois pas que qui que ce soit gagnera grand chose. Mais par principe et pour éviter toute forme d’abus, si monétisation il y a pour rémunérer les travailleurs, chacun disposera d’un droit proportionnel à son investissement en temps passé dessus.
Même s’il s’agira vraisemblablement plus de « droits » symboliques que d’argent sonnant et trébuchant, la considération de tous les apports me semble importante, en particulier à une époque où la valeur du travail n’est estimée que lorsqu’elle est « comptabilisée », et où les apports « humains » sont rapidement effacés devant les apports en numéraire.
Si vous acceptez de vous prêter au jeu, la mesure est auto-estimée, à la louche subjective. Et représente plutôt un « temps subjectif » qu’une mesure exacte des secondes passés. (À vous de faire la part du temps que vous considérez passé sur ce sujet )