Nos corps ne sont pas fait pour vivre heureux.
Les millénaires d’évolutions ont filtré notre nature, de génération en génération, imprimant en nos corps, nos esprits et notre société les contraintes de la nature.
Ceci est notre héritage. Notre humanité.
Nos corps ont besoin d’efforts pour s’épanouir, nos esprits ont besoin d’épreuves pour se forger, notre société a besoin de défit à surmonter pour se souder.
Le confort est morbide, et mortifère par nature.
Comme les fleurs, nous avons besoin de fumier pour nous épanouir.
Cette contrainte peut venir de l’extérieur, et nous tenterons de fleurir dans la dureté d'un monde impitoyable.
Ou nous nous l’imposerons, et génèrerons par nous même des difficultés artificielles, notre propre merdier.
Celui qui, d’une manière ou d’une autre nous est si vital.
Qu’il soit naturel et imposé, ou artificiel et simulé… la réalité c’est que nous ne pouvons nous en passer.
Cette merde, inhérente à notre nature, que nous rejetons comme une atrocité, est une composante vitale à notre épanouissement.
C’est pourquoi nous la cherchons toujours. C’est pourquoi nous ne pouvons l’éviter.
Notre corps et notre esprit ont besoin de cette souffrance pour s’épanouir et fleurir. Que ce soit consciemment ou non, nous le savons. À l’instar de ces enfants, élevés dans un monde aseptisé de toute violence, qui expérimenterons entre-eux la pire des cruautés… celle que les adultes la bouche pleins d’idéaux et de mensonges ont cherché à leur cacher.
C’est ainsi que le merdier se génère au seins même de l’idéal. La perversité nait de la pureté du rêve, par cette appel irrésistible de la réalité.
La dure réalité… Imprimée en nous, et qui s’impose contre notre volonté et nous soumet, par la force, à l’humilité.
Appel irrésistible car cette réalité est en réalité la seule à pouvoir nous combler.
Le rêve et l'imaginaire est un déni, nous servant à supporter -et aggraver- notre manque et notre souffrance.
Il est infantile de courir vers le rêve, de se réfugier dans le déni.
L’infantilisation de l’humanité étant bien le mal de notre siècle.
Devenir adulte, c'est arrêter de fuir la réalité.
C’est accepter de voir que le fumier n’est pas sale en lui même. Et possède sa propre beauté. Que la souffrance fait partit d’un ensemble indivisible. D’un tout, cohérent, qui ne peut être séparé sans être détruit, et que devons accepter en entier ou mourrir :
La vie elle-même.