Ce que les cours m’apprennent.
La valeur travail
La valeur travail est centrale sur l’application, qui vise précisément à changer la relation que nous avons avec le travail.
Le travail n’est pas « l’emploi », et ne sera pas considéré comme pouvant être séparé de ce qui lui donne sens. Il ne sera donc pas conçu comme une activité caractérisée par une rémunération, échangée contre la production d’un bien ou d’un service, vendu directement ou indirectement sur un marché.
Dans l’application, le travail ne sera pas caractérisé par la vente, ni par la rémunération.
Mais par l’implication dans un collectif, permettant de produire un commun.
Pour lutter contre la perte de sens, il semble nécessaire de lutter contre la virtualisation du travail, même si elle est tentante à l’ère informatique.
L’intégration de l’environnement dans le rapport au travail est essentielle.
Il s’agit de rompre avec la logique déconnectante « d’abord ne pas nuire », et favoriser une approche « d’abord faisons alliance », plus impliquante individuellement et collectivement.
Il s’agira également de favoriser l’inscription de ce travail dans le monde réel, donc de son impact sur un territoire réel, au sein d’une communauté de gens qui se rencontrent réellement.
Même dans le cas de services, redonner une matérialité perceptible par les sens au lieu et aux gens redonnera une matérialité au travail, donc plus de sens.
Afin de construire une culture, et un rapport conscient au monde (réel) et à la relation harmonieuse que le groupe a avec le monde, l’application veillera à faciliter l’élaboration collective d’une ritualisation scénarisée de rencontre évènementielles.
Afin de produire :
- Un monde commun ( territorialisé )
- Un groupe relativement harmonieux
- Un soin de l’environnement (et non pas seulement une non-destruction)
Les médias
Les médias ne font plus médiation entre les altérités mais les collent. Ils font tampon ou tamponnent les gens.
Afin de re-créer de l’altérité :
- Mettre en place une « personnalisation collective » de l’application, afin de refaire société.
En particulier sur la hiérarchisation de l’information.
- Re-focaliser l’attention sur la matérialité :
La distance, le territoire, les ressources dans l’information. Réduire l’ubiquité.
- Replacer les médias comme médiateurs, facilitant l’échange d’information entre deux mondes.
- Permettre la rencontre (et pas seulement la découverte)
- Passer de l’expression & communion à la communication :
- Par un échange : information <-> information reformulée.->
- Entretenir distance et tenue des récepteurs : fierté, éthique, esprit critique.
Favoriser l’intelligence et le sentiment (construit), et non la pulsion et l’émotion
- Re-créer un espace entre les gens pour passer de l’entre-sois à l’entre-sujet.
- Permettre l’auto-limitation de l’émission et de la réception.
- Faciliter la déconnection.
- Rétablir et faciliter la mise en place de temporalités : média - non média.
- Valoriser le partage de ce qu’on ne sait pas, des doutes et de l’intérêt. Plutôt que de ce que l’on sait.
- Valoriser le tâtonnement, le partage des pistes et du chemin, transmission du savoir faire.
- Veiller à réduire la dépendance au système technique.
Les villes
Je peux m’inspirer des notions abordée sur les villes pour penser une organisation communale.
( qui semble un élément naturel d’organisation sociale)
Importance du triptyque : assemblée, enceinte, marché.
-> implique l’existence d’une administration, d’une police (science de la ville), d’un impôt…
La monopolisation actuelle par le marché de l’activité civile provoque :
- Trop d’importance donné au réseau :
Le lien d’échanges entre les nœuds efface les nœuds, qui deviennent des points mathématiques inexistants.
- L’accélération du rythme, et l’objectivisation de l’autre.
- La normalisation excessive par création de norme et leu maintien à travers les opérations de police.
Le renforcement de « l’assemblée » devrait permettre :
- Le ralentissement du rythme, et la subjectivation de l’autre.
- Le replacement de la technique dans le champs de l’exécution, et non de la décision.
- La diversification interne, et restriction de la normalisation aux échanges avec les autres communes.
Le renforcement de l’enceinte devrait permettre :
- L’amélioration du rapport au réel.
- La re-localisation subjective ou objective. (des sujets et objets) notamment sur un territoire.
- La protection vis à vis de l’extérieur, et de ses tentatives de contrôle.
La Morale
La morale est un des principes essentiel de l’action sociale et individuelle, l’intégrer un outil à vocation sociale me semble indispensable.
« La morale est ce qui inspire l’action sociale, mais est aussi issue de l’action sociale. »
La morale se détermine non seulement par la conscience, mais aussi par les actions ou réactions sociales des individus qui composent le groupe.
Il peut s’agir d’un pré-existant, d’une construction normative inscrite en système moral, ou de textes & révélations divine.
- Le besoin de son énonciation implique la production d’énoncé les moins contestables possible.
- Son observation peut s’effectuer par un recueil des contenus exprimant la morale en cours dans un lieu. En particulier en la choquant, et lorsqu’une population s’enflamme.
Le point essentiel de la délimitation à venir de la morale va avoir à faire avec l’illimitation de la volonté imprégnant le monde actuel.
Orientation
Critique
- L’illimitation de la volonté débride notre tendance à détruire le monde physique et commun.
- « L’amour propre nous poussant à dépasser nos limites, à s’émanciper de tout ce qui est naturel, a conduit à la destruction du monde commun. »
Conseil - Repousser les approches :
- Utilitaristes, et conséquencialistes, ignorant la limitation de l’action (individuelle et collective)
- Ordo-libérale ou taylorienne, construisant un management de la planète, et cédant à une pulsion de contrôle et de prise en charge totale et absolue.
Le monde commun
L’application que je cherche à développer vise :
- Sur le plan individuel à reconstituer ses rapports à une œuvre collective, par le travail, l’œuvre et l’action.
- Sur le plan global à construire un système d’œuvres et d’actions collectives en interactions, afin de (re-)constituer un monde commun.
- Le travail, intrinsèquement destructeur, correspond à la transformation de la nature (considérée comme ressource), pour satisfaire à sa vie à travers sa consommation, dans un perpétuel recommencement.
- L’œuvre correspond à l’édification d’un monde durable, fondant dans la matérialité et à un territoire le sentiment d’appartenance humaine à ce monde, reliant à travers l’usage et dans le temps, les ancêtres, les contemporains et les générations futures.
- L’action (dont la parole) est ce qui distingue l’être humain, source la pluralité humaine, en manifestant par l’interprétation personnelle son rapport au monde, et en contribuant par son partage avec les autres à la construction du monde commun.
Une attention particulière sera portée aux limites de la matérialité (distance, matière, énergie) et du territoire.
Ces limites seront considérés et respectés comme sources fécondes de la pluralité humaine, elle-même sacrée.
Afin de ramener à l’humilité les illusions d’illimitation de la volonté, de faire céder le déni de réalité, et lutter contre les pulsions de contrôle total, en particulier dans les domaines :
- Politique (militaire, diplomatique, étatique…)
- Économique
- Scientifique, technique et industriel.
Niveau de biens et maux commun :
- L’existant permettant de vivre et mourrir (air, eau, espace, temps, vie, beauté…)
Correspond à une nature et à la condition humaine
- La culture, le symbolique. Immatérielle. Que nous partageons avec un groupe humain.
Correspond à notre condition culturelle et sociale.
- Communauté politique et environnement délimité sur un territoire.
- Les biens et maux, productifs et destructifs, partagée par un groupe humain limité.
- Les bien et maux non productif et destructifs, partagés par un groupe humain limités.
La vérité
La politique n'est pas la question du vrai, mais celle du souhaitable.
Si tout le monde n’est pas qualifié pour dire le vrai, tout le monde est apte à déterminer le souhaitable.
La vérité - dire des faits, et produire un accord sur la validité de ces faits tels qu’ils sont dit - est toujours un moyen, et non une fin.
Il y a déformation dès qu’on essaye de déterminer la justice ou le désirable en fonction d’une vérité.
La vérité n'est pas un argument
L’expression de vérités contradictoires bloque toute forme de discussion.
Un argument est un énoncé invitant l’altérité en s’exposant à la controverse :
- Un argument scientifique se construit en exposant les moyens de réfuter l’énoncé d’un fait ou d’un modèle.
- Un argument politique se construit en exposant les moyens de contester l’énoncé d’un souhait ou d’un désir.
Un argument politique est donc l’énonciation d’une prise de position (donc subjective) forte, voir violente.
Elle s’expose à la contestation dans une enceinte qui organise le dissensus de façon pérenne et fructueuse
Afin de chercher un chemin pour :
- Trouver du souhaitable ensemble.
- Délimiter un champs sur lequel on pourra appliquer des règles d’établissement du vrai, qui correspondent aux uns et aux autres.
Orientation
Dans une application à vocation sociale, permettre la discussion des questions de répartition des biens, des statuts, et de la régulation des conflits est indispensable.
Il s'agira donc de construire, à chaque échelle devant intégrer un aspect politique, des outils permettant :
- De faciliter la construction d'énoncés portant sur un désirable subjectifs
- En les distinguant des éléments de vérités objectives ( scientifiques )
- Et des affirmations de vérités subjectives ( croyances / religion ).
- De se positionner vis à vis de ces énoncés.
- D'aménager le dissensus en facilitant :
- L’ouverture à l'altérité. ( donc à l'interprétation personnelle )
- La détermination de souhaitables communs.
- La délimitation de champs d'application de règles.
- Sur ces champs, la construction de règles d'établissement de la vérité.
- La construction d'un accord ou d'un compromis acceptable pour les uns et les autres.
- La construction d'une énonciation forte de la prise de position collectivement obtenue.
La vie privée
La notion de "vie privée" est artificielle (juridique). Elle biaise la protection plus directe des personnes ou de l'intimité, et incube le marché de la donnée privée.
Elle se ramène à une propriété privée, se réduisant à un droit d'auteurs sur des données produites lors d'interactions sociales (=production collective), fortement associé à l'étendue de notre propriété privée (chez sois, sur ses terres, sur son serveur… )
Biais des concepts
|
Propriété privée
|
Droit de les vendre, donc d'en faire un marché
|
|
Production
|
Approche productiviste de l'intimité ( permanente & infinie qui plus est… )
Et non statutaire. ( disparition de l'individu )
|
|
Données
|
Réduction à des nombres (pas même des informations) objectifs
Et non à un "verbe", des symboles, une pensée ou une interprétation subjective.
|
|
Interaction sociale
|
Toujours issu d'échange avec les autres.
Au niveau relationnel, mais aussi avec le macro-système économique et technique
(ex : données médicales produites par notre interaction avec les médecins et hôpitaux )
|
|
Lieu privé
|
Consécration de la surface privée, dans toute son inégalité.
|
Méfiance
Il importe de se recentrer sur la notion d'intimité, de personne et de vie sociale, en veillant particulièrement aux nuances suivantes :
- La protection des personnes n'est pas la protection de leur propriété privée sur les informations qu'elles produisent.
- "Chez nous" est paradoxalement le lieux où nous nous conformons le plus puissamment à la norme. La personnalité ou l'individualité se manifestant souvent bien plus dans notre vie et notre expression publique que dans les comportements que nous adoptons dans notre lieu de vie privé.
- Notre intimité est elle aussi une production collective, issu d'interactions individuelle ou avec le macro-système.
- Les "données" produites par interaction sociales sont collectives, et constituent donc des communs (de différents niveau).
Orientation
- Abandonner la conception vie privée <-> vie publique, et adopter la catégorisation sphère intime, sociale et professionnelle.->
Chacune d'entre elle étant un lieu de manifestation de notre individualité comme de notre "normalité". Chacune d'entre elle nécessitant de se poser la question de la protection des personnes.
- Consolider le concept de "persona" greco-romain : le masque fondant notre accès à parole publique.
- Renforcer l'attention à la subjectivité des contenus plutôt qu'aux données.
- Revendiquer la protection comme un droit attaché à un statut dans le contexte d'une sphère d'échange social, et non comme un contrat attaché à une propriété sur un lieu privé / public.