vendredi 23 mai 2014

Accepter la mort

Accepter la mort, ça n’est pas accepter de ne plus rien vivre.
C’est renoncer à l’impératif de combler nos manques. C’est accepter d’abandonner l’espoir d’apaiser un jour nos souffrances.

C’est accepter nos manques et nos souffrances comme faisant définitivement partit de nous.
Accepter la mort est un apaisement profond, car c’est renoncer au fardeau absolu de notre propre exigence.
C’est accepter notre réalité, comme ultime et définitive. 
Et ne plus avoir peur de ne pas arriver à nous guérir, à vivre ce que nous voulions, à obtenir ce que nous souhaitions.


Accepter la mort n’est pas une négation. C’est vouloir vivre qui en est une.
Vivre c’est refuser d’être ce que nous somme. C’est refuser l’actualité de notre être.
Vouloir vivre, c’est avoir l’espoir de devenir, autre chose que ce que nous sommes.


Accepter la mort n’a rien à voir avec vouloir mourir.
Vouloir mourir c’est au contraire vouloir apaiser ses souffrances, ne plus sentir ses manques.
Vouloir mourir, c’est vouloir. Vouloir, c’est avoir envie de quelque chose.
Vouloir mourir est paradoxalement un besoin de vivre. De changer.
Un besoin de vie qui parfois devient le dernier. Mais un besoin de vie, malgré tout ce qu’on peut en dire.

On ne peut vouloir mourir et avoir accepté la mort.