lundi 25 novembre 2013

Pensées obscures - 2

Parfois je me demande quel est mon but.
Plus je gagne en puissance, plus je comprend la nature humaine. À moins que ça ne soit l’inverse.

Et je me pose la question du monde meilleur que j’espérais amener par le passé. Que doit-il être ?
Doit-il tenter de changer la nature humaine ? Ou s’y adapter ?
N’est-ce pas une illusion que de vouloir un monde parfait, qui ne correspondrai pas à ce que l’humanité est ?
Une atrocité, bien supérieure en réalité à celle de notre noirceur, que de chercher à nous l'imposer ?

Quoi qu’on puisse dire, ce monde ci est adapté à la nature humaine. Il est humain. Aussi mauvais puisse t’il être.
Les puissants y règnent, les faibles leur cèdent de par leur propre volonté, leurs pouvoirs.
Ce monde est atroce, non par son injustice, mais par la complicité de chaque être humain que cette injustice implique.

Plus je deviens puissant, plus je comprends que ce monde est adapté à ce que l’humanité est profondément, intimement.
J’ai bien conscience en moi, de l’effet de cette perversion du pouvoir, que j’ai toujours cherché à fuir. Du changement de ma conscience.
Mais autrefois je pensais cette perversion égoïste, aveugle, perdue dans une quête sans fin. Aujourd’hui je comprend, au delà de mon égoïsme, que la nature humaine l’est profondément. Et que nous somme en réalité meilleurs quand nous le sommes.
Que les vrais perversions proviennent en réalité de ceux qui n’ont pas l’humilité d’accepter leur égoïsme.
Que le pouvoir peut ne pas être une quête sans fin, mais un plaisir, une nature, un être en harmonie… et quoi qu’on en dise, un besoin humain.

Les autres, mes proches, mes amis, mes amantes, m’ont fait comprendre petit à petit que le pouvoir est un cycle. Et non un flux tranché et rectiligne, du puissant sur le faible.
Qu’il s’agit en réalité d’un échange, d’un partage, aussi atroce puisse t’il être et sembler.
Un partage qui peut être imposé, mais un échange quand même. D’humain à humain. Il n’y a aucun plaisir et aucune recherche à dominer une chaise.
Le faible se soumet à la volonté du fort, oui mais il serait angélique de croire qu’il ne s’agit pas de sa volonté, de son choix. Et le fort est soumis à la puissance que le faible lui accorde. Il n’est rien d’autre que ce pouvoir qu’il lui transmet. Qu’il lui cède.
Il ne peut être autre chose que ce que le faible lui propose.
Si tu m’es utile, alors tu es important pour moi. Plus je t’utiliserai, plus je serai dépendant de toi. Aucune domination n’est possible sans dépendance.
L’esclave est le maître, celui qui dirige par sa propre volonté ce que le maître pourra et sera.
Et… la puissance par nature n’est pas. Est puissant celui qui le souhaite, celui qui se plie à ce que la puissance exige. 
Je le sais, car j’ai été impuissant longtemps... par orgueil. être puissant se décide, se choisi.

Dans un tel univers, que peut-être un monde meilleur ?
Doit-on supprimer les rapports de pouvoirs, alors qu’ils provoquent tant de plaisir de part et d’autre ?
Alors qu’ils sont réclamés par la population, ou par les femmes de sexe ou de cœur en chacun de nous qui souhaitent être dominées à la puissance virile, des hommes ou des femmes qui nous dominent ? réclamé par ceux qui souhaitent vivre cette domination, ou cette lutte ?
Pas tous, pas toutes, certes. Clichés, généralisations… rien d’humain n’est général ni déterminé, bien sûr. Mais je parle par exception.

Qu’en est il de cette quête de plaisir de ceux qui souhaitent un maître, un modèle, un guide, un puissant, un père… un dieu ? Pour s’y soumettre et se laisser bercer ?
Qu’en est-il de ceux qui se plaignent ou se battent ?
Ne sont ils pas humains ? N’est-ce pas humain ?

Cette nature humaine, doit-on l’éradiquer ? Peut-on l’éradiquer ?
Comment faire un monde meilleur, en acceptant cette part servile et dominatrice de la nature humaine ?
Aussi malsaine pouvons nous la juger ? D’ailleurs de quel droit pouvons nous la juger ?

En réalité... Comment faire un monde meilleur, et différent, en acceptant la nature humaine ?