mardi 26 mars 2019

Anthropologie politique, bilan

Ce que les cours m’apprennent.


La valeur travail

La valeur travail est centrale sur l’application, qui vise précisément à changer la relation que nous avons avec le travail.

Le travail n’est pas « l’emploi », et ne sera pas considéré comme pouvant être séparé de ce qui lui donne sens. Il ne sera donc pas conçu comme une activité caractérisée par une rémunération, échangée contre la production d’un bien ou d’un service, vendu directement ou indirectement sur un marché.

Dans l’application, le travail ne sera pas caractérisé par la vente, ni par la rémunération.
Mais par l’implication dans un collectif, permettant de produire un commun.

Pour lutter contre la perte de sens, il semble nécessaire de lutter contre la virtualisation du travail, même si elle est tentante à l’ère informatique.

L’intégration de l’environnement dans le rapport au travail est essentielle.
Il s’agit de rompre avec la logique déconnectante « d’abord ne pas nuire », et favoriser une approche « d’abord faisons alliance », plus impliquante individuellement et collectivement.

Il s’agira également de favoriser l’inscription de ce travail dans le monde réel, donc de son impact sur un territoire réel, au sein d’une communauté de gens qui se rencontrent réellement.
Même dans le cas de services, redonner une matérialité perceptible par les sens au lieu et aux gens redonnera une matérialité au travail, donc plus de sens.

Afin de construire une culture, et un rapport conscient au monde (réel) et à la relation harmonieuse que le groupe a avec le monde, l’application veillera à faciliter l’élaboration collective d’une ritualisation scénarisée de rencontre évènementielles.
Afin de produire : 
  • Un monde commun ( territorialisé )
  • Un groupe relativement harmonieux
  • Un soin de l’environnement (et non pas seulement une non-destruction)


Les médias

Les médias ne font plus médiation entre les altérités mais les collent. Ils font tampon ou tamponnent les gens.

Afin de re-créer de l’altérité :
  • Mettre en place une « personnalisation collective » de l’application, afin de refaire société.
    En particulier sur la hiérarchisation de l’information.
  • Re-focaliser l’attention sur la matérialité :
    La distance, le territoire, les ressources dans l’information. Réduire l’ubiquité.
  • Replacer les médias comme médiateurs, facilitant l’échange d’information entre deux mondes.
    • Permettre la rencontre (et pas seulement la découverte)
  • Passer de l’expression & communion à la communication :
    • Par un échange : information <-> information reformulée.
    • Entretenir distance et tenue des récepteurs : fierté, éthique, esprit critique.
      Favoriser l’intelligence et le sentiment (construit), et non la pulsion et l’émotion
    • Re-créer un espace entre les gens pour passer de l’entre-sois à l’entre-sujet. 
  • Permettre l’auto-limitation de l’émission et de la réception.
    • Faciliter la déconnection.
    • Rétablir et faciliter la mise en place de temporalités : média - non média.
  • Valoriser le partage de ce qu’on ne sait pas, des doutes et de l’intérêt. Plutôt que de ce que l’on sait.
  • Valoriser le tâtonnement, le partage des pistes et du chemin, transmission du savoir faire.
  • Veiller à réduire la dépendance au système technique.


Les villes

Je peux m’inspirer des notions abordée sur les villes pour penser une organisation communale.
( qui semble un élément naturel d’organisation sociale)

Importance du triptyque : assemblée, enceinte, marché.
-> implique l’existence d’une administration, d’une police (science de la ville), d’un impôt…

La monopolisation actuelle par le marché de l’activité civile provoque :
  • Trop d’importance donné au réseau :
    Le lien d’échanges entre les nœuds efface les nœuds, qui deviennent des points mathématiques inexistants.
  • L’accélération du rythme, et l’objectivisation de l’autre.
  • La normalisation excessive par création de norme et leu maintien à travers les opérations de police.

Le renforcement de « l’assemblée » devrait permettre :
  • Le ralentissement du rythme, et la subjectivation de l’autre.
  • Le replacement de la technique dans le champs de l’exécution, et non de la décision.
  • La diversification interne, et restriction de la normalisation aux échanges avec les autres communes.

Le renforcement de l’enceinte devrait permettre :
  • L’amélioration du rapport au réel.
  • La re-localisation subjective ou objective. (des sujets et objets) notamment sur un territoire.
  • La protection vis à vis de l’extérieur, et de ses tentatives de contrôle.



La Morale

La morale est un des principes essentiel de l’action sociale et individuelle, l’intégrer un outil à vocation sociale me semble indispensable.
« La morale est ce qui inspire l’action sociale, mais est aussi issue de l’action sociale. »

La morale se détermine non seulement par la conscience, mais aussi par les actions ou réactions sociales des individus qui composent le groupe.

Il peut s’agir d’un pré-existant, d’une construction normative inscrite en système moral, ou de textes & révélations divine.
  • Le besoin de son énonciation implique la production d’énoncé les moins contestables possible.
  • Son observation peut s’effectuer par un recueil des contenus exprimant la morale en cours dans un lieu. En particulier en la choquant, et lorsqu’une population s’enflamme.

Le point essentiel de la délimitation à venir de la morale va avoir à faire avec l’illimitation de la volonté imprégnant le monde actuel.

Orientation

Critique
  • L’illimitation de la volonté débride notre tendance à détruire le monde physique et commun.
  • « L’amour propre nous poussant à dépasser nos limites, à s’émanciper de tout ce qui est naturel, a conduit à la destruction du monde commun. »

Conseil - Repousser les approches :
  • Utilitaristes, et conséquencialistes, ignorant la limitation de l’action (individuelle et collective)
  • Ordo-libérale ou taylorienne, construisant un management de la planète, et cédant à une pulsion de contrôle et de prise en charge totale et absolue.


Le monde commun

L’application que je cherche à développer vise :
  • Sur le plan individuel à reconstituer ses rapports à une œuvre collective, par le travail, l’œuvre et l’action.
  • Sur le plan global à construire un système d’œuvres et d’actions collectives en interactions, afin de (re-)constituer un monde commun.

  • Le travail, intrinsèquement destructeur, correspond à la transformation de la nature (considérée comme ressource), pour satisfaire à sa vie à travers sa consommation, dans un perpétuel recommencement.
  • L’œuvre correspond à l’édification d’un monde durable, fondant dans la matérialité et à un territoire le sentiment d’appartenance humaine à ce monde, reliant à travers l’usage et dans le temps, les ancêtres, les contemporains et les générations futures.
  • L’action (dont la parole) est ce qui distingue l’être humain, source la pluralité humaine, en manifestant par l’interprétation personnelle son rapport au monde, et en contribuant par son partage avec les autres à la construction du monde commun.

Une attention particulière sera portée aux limites de la matérialité (distance, matière, énergie) et du territoire.
Ces limites seront considérés et respectés comme sources fécondes de la pluralité humaine, elle-même sacrée.
Afin de ramener à l’humilité les illusions d’illimitation de la volonté, de faire céder le déni de réalité, et lutter contre les pulsions de contrôle total, en particulier dans les domaines :
  • Politique (militaire, diplomatique, étatique…)
  • Économique
  • Scientifique, technique et industriel.


Niveau de biens et maux commun :
  1. L’existant permettant de vivre et mourrir (air, eau, espace, temps, vie, beauté…)
    Correspond à une nature et à la condition humaine
  2. La culture, le symbolique. Immatérielle. Que nous partageons avec un groupe humain.
    Correspond à notre condition culturelle et sociale.
  3. Communauté politique et environnement délimité sur un territoire.
  4. Les biens et maux, productifs et destructifs, partagée par un groupe humain limité.
  5. Les bien et maux non productif et destructifs, partagés par un groupe humain limités.



La vérité

La politique n'est pas la question du vrai, mais celle du souhaitable.
Si tout le monde n’est pas qualifié pour dire le vrai, tout le monde est apte à déterminer le souhaitable.

La vérité - dire des faits, et produire un accord sur la validité de ces faits tels qu’ils sont dit - est toujours un moyen, et non une fin.
Il y a déformation dès qu’on essaye de déterminer la justice ou le désirable en fonction d’une vérité.

La vérité n'est pas un argument

L’expression de vérités contradictoires bloque toute forme de discussion.
Un argument est un énoncé invitant l’altérité en s’exposant à la controverse :
  • Un argument scientifique se construit en exposant les moyens de réfuter l’énoncé d’un fait ou d’un modèle.
  • Un argument politique se construit en exposant les moyens de contester l’énoncé d’un souhait ou d’un désir.

Un argument politique est donc l’énonciation d’une prise de position (donc subjective) forte, voir violente.
Elle s’expose à la contestation dans une enceinte qui organise le dissensus de façon pérenne et fructueuse
Afin de chercher un chemin pour :
  1. Trouver du souhaitable ensemble.
  2. Délimiter un champs sur lequel on pourra appliquer des règles d’établissement du vrai, qui correspondent aux uns et aux autres.

Orientation

Dans une application à vocation sociale, permettre la discussion des questions de répartition des biens, des statuts, et de la régulation des conflits est indispensable.

Il s'agira donc de construire, à chaque échelle devant intégrer un aspect politique, des outils permettant :
  • De faciliter la construction d'énoncés portant sur un désirable subjectifs
    • En les distinguant des éléments de vérités objectives ( scientifiques )
    • Et des affirmations de vérités subjectives ( croyances / religion ).
  • De se positionner vis à vis de ces énoncés.
  • D'aménager le dissensus en facilitant :
  1. L’ouverture à l'altérité. ( donc à l'interprétation personnelle )
  2. La détermination de souhaitables communs.
  3. La délimitation de champs d'application de règles.
  4. Sur ces champs, la construction de règles d'établissement de la vérité.
  5. La construction d'un accord ou d'un compromis acceptable pour les uns et les autres.
  6. La construction d'une énonciation forte de la prise de position collectivement obtenue.


La vie privée

La notion de "vie privée" est artificielle (juridique). Elle biaise la protection plus directe des personnes ou de l'intimité, et incube le marché de la donnée privée.
Elle se ramène à une propriété privée, se réduisant à un droit d'auteurs sur des données produites lors d'interactions sociales (=production collective), fortement associé à l'étendue de notre propriété privée (chez sois, sur ses terres, sur son serveur… )
Biais des concepts
Propriété privée
Droit de les vendre, donc d'en faire un marché
Production
Approche productiviste de l'intimité ( permanente & infinie qui plus est… )
Et non statutaire. ( disparition de l'individu )
Données
Réduction à des nombres (pas même des informations) objectifs
Et non à un "verbe", des symboles, une pensée ou une interprétation subjective.
Interaction sociale
Toujours issu d'échange avec les autres.
Au niveau relationnel, mais aussi avec le macro-système économique et technique
(ex : données médicales produites par notre interaction avec les médecins et hôpitaux )
Lieu privé
Consécration de la surface privée, dans toute son inégalité.
Méfiance
Il importe de se recentrer sur la notion d'intimité, de personne et de vie sociale, en veillant particulièrement aux nuances suivantes :
  • La protection des personnes n'est pas la protection de leur propriété privée sur les informations qu'elles produisent.
  • "Chez nous" est paradoxalement le lieux où nous nous conformons le plus puissamment à la norme. La personnalité ou l'individualité se manifestant souvent bien plus dans notre vie et notre expression publique que dans les comportements que nous adoptons dans notre lieu de vie privé.
  • Notre intimité est elle aussi une production collective, issu d'interactions individuelle ou avec le macro-système.
  • Les "données" produites par interaction sociales sont collectives, et constituent donc des communs (de différents niveau).
Orientation
  • Abandonner la conception vie privée <-> vie publique, et adopter la catégorisation sphère intime, sociale et professionnelle.
Chacune d'entre elle étant un lieu de manifestation de notre individualité comme de notre "normalité". Chacune d'entre elle nécessitant de se poser la question de la protection des personnes.
  • Consolider le concept de "persona" greco-romain : le masque fondant notre accès à parole publique.
  • Renforcer l'attention à la subjectivité des contenus plutôt qu'aux données.
  • Revendiquer la protection comme un droit attaché à un statut dans le contexte d'une sphère d'échange social, et non comme un contrat attaché à une propriété sur un lieu privé / public.


mercredi 20 mars 2019

Mon outils sera efficace quand

Mon outil sera efficace quand chaque utilisateur pourra agir et interpréter à un niveau relationnel humain, tout en produisant un effet de masse global et intelligent.
Sans qu’il y ai eu besoin de faire appel à des individus hiérarchiquement haut placés pour décider et diriger l’engagement des ressources et volontés collectivement rassemblées.


Je cherche à faire un outil qui permettra de produire un effet de masse global et intelligent, sans avoir à faire appel à des individus hiérarchiquement haut placés pour décider et diriger l’engagement des ressources et des volontés, collectivement rassemblées par des utilisateurs agissant et interprétant uniquement à un niveau relationnel à taille humaine.


mardi 5 mars 2019

Association vitale

Les problèmes dans notre société ne sont plus idéologiques, mais les besoins primaires, fondamentaux et vitaux des gens.
=> ce qui permettrai de mettre d’accord des gens provenant de différentes idéologies. ( droite / gauche… extrêmes…)


dimanche 3 mars 2019

Équité

L’équité dépend de l’unité observé.

L’équité pose la question de la redistribution.

Mais les revenus ne sont pas les seuls éléments à redistribuer.
On pourrait inventer une redistribution du stress, une redistribution du temps, de l’effort…



mercredi 27 février 2019

Qualité des Système d’information

Concevoir une application comme contenant une culture, c’est à dire un fonctionnement communautaire, et un ensemble de techniques pour résoudre les différents problèmes.
MAIS une application qui amène à sa dispensabilité. C’est à dire qu’elle apporte la culture et l’organisation, et permet au fur et à mesure l’assimilation et l’appropriation de la culture par la communauté, de façon indépendante de l’architecture technique utilisé initialement.

Il s’agit donc de concevoir une application qui initie des groupes, transmet une culture (ou différent type de culture modulables), puis qui apprend et transmet les techniques matérielles et locales permettant de se dispenser petit à petit de l’application et de l’infrastructure technique initiale.

L’application devient plus pédagogique, et une assistance au démarrage et/ou à l’intégration des nouveaux, que l’interface permettant l’ensemble des échanges entre les individus.

Ceci demande de concevoir une autre organisation du métier d’architecte en système d’information.
Une autre approche avec une philosophie totalement différente, prenant en compte l’intégration des nouveaux, et la confortation d’une culture interne au groupe.

Créer une norme de qualité, ou un label, qui insiste sur l’amorçage d’une culture, la transmission d’un savoir faire communautaire, et qualifie un critère de dispensabilité progressive vis à vis de l’infrastructure technique.

Se méfier comme de la peste et attaquer directement la tendance des techniciens à s’infiltrer comme interface de l’ensemble des échanges. Et les re-positionner comme serviteurs et guides de la communauté vers l’auto-émancipation de leur corps de métier et des outils qu’ils produisent.

=> position du technicien dans la communauté.
Principe de transformation culturelle
-> Principe d’intégration des connaissances techniques en culture :
Transformation des connaissances techniques en une culture, intégré par tous les membres d’une communauté.





lundi 25 février 2019

Démarrage Staïla


Le système que j’essaye de mettre en place marcherai, non parce qu’il est super efficace, mais parce que l’autre est un gachi monumental, et une décadence telle qu’il n’est vraiment pas difficile de créer mieux.

MAIS, ce système a besoin de s’amorcer avant de pouvoir « prouver » aux autres qu’il fonctionne, et ainsi attirer et accueillir des gens.
Le problème est que pour démarrer, il a besoin d’un certain nombre d’engagement (d’argent et de personnes qui s’y investissent)
OR ça signifie quelques part qu’il a besoin de « gogos » ou d’idéalistes, de « donateur » un peu aveugle.
Un peu comme les donateurs du Média.
Bien sûr il ne s’agit pas de chercher l’exploitation, en créant un mensonge. Ce qui serait fonder l’organisation dès le départ sur une corruption commerciale.

Comment trouver des personnes au départ, avant qu’il y ai la moindre preuve que ça marche, avant qu’il y ai le commencement d’une démonstration d’un espoir.
Je devrais fuir la « vente de rêve », mais présenter les choses comme une recherche, une expérimentation, qui aura des aléas, qui ne vise pas la perfection, mais l’expérimentation, et surtout qui cherche à « avancer ailleurs ».


Comme pas de preuves, et pas assez d’énergie et de puissance avant le démarrage, je ne peux pas faire découvrir aux gens à quel point le monde et l’organisation dans lequel on vit est merdique.
Ces personnes doivent avoir découverte ces choses par elles-même.

Le regroupement ne doit pas se concevoir autours de personnes qui vont bien, ou des illusionnés.
Mais autours des déçus, voir des détruits ou les désespérés.

Ce ne sont toutefois pas les personnes les plus énergiques, confiantes, disposant du plus de ressources.
Il est également probable que ces personnes portent en elle un paquet de toxicité, qu’elles ne soient pas « saine », puisqu’elles ont été contaminés par la toxicité du système s’écroulant.

Il s’agit de développer un environnement de soin de malades, et non un groupe d’entrepreneur enthousiastes, libre et pleins d’énergie.
La notion de soin (réciproque, de l’autre, de l’environnement), et l’écartement ou la fuite de la toxicité du système corrompu me semble intéressante.

Il s’agit de se présenter comme un groupe de recherche, (théorique et expérimental), travaillant à la compréhension et à la construction d’organisations humaines saines, stable et épanouissante. Dans un état d’esprit de soin réciproques vis à vis de la toxicité du système actuel, et de ses dérives liés à sa corruption, sa dégénérescence, son obsolescence, son in-efficience globale, son inhumanité, en nous préservant autant que faire se peut de son effondrement.

Il ne s’agit pas de lutter contre le système, mais de le laisser s’effondrer et d’adopter une logique parallèle : S’en extraire, bifurquer, prendre soin de nous-même réciproquement, et nous-reconstruire individuellement ET culturellement.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’idéaliser la coupure, toute construction repose sur l’exploitation des ruines et des restes de l’environnement présent.


vendredi 15 février 2019

Corruption de l’enseignement

Si tu considère que la sélection est importante, tu avoues que l’enseignement est d’une valeur dérisoire face à l’apport initial.