mercredi 6 février 2019

Indispensabilité de l'outil


La logique commerciale et le fructus du code nous astreint plus à travailler l’indispensabilité de l’outil que son utilité.

Un outil est l’objet, et ses utilisateurs les sujets.
Il ne faut pas subjectiver et encore moins s’identifier à l’outil, mais l’objectiver, et plutôt s’identifier aux utilisateurs.

Un bon outil, du point de vu de l’utilisateur n’est pas un outil indispensable, mais un outil utile qui sait au moins se faire oublier, et au mieux se rendre dispensable. Donc qui permet de s’émanciper de sa possession et de ses producteurs.


Mais c’est totalement à contrepied des logiques industrielles classiques.

Demande de participation à un anthropologue

Mail envoyé à Alexandre Duclos, à propos de sa série Chroniques de la fin du monde

Bonjour.

Je suis un agent économique et technique, désespérant d’en être un. ^^
Mais également un de vos auditeurs, cette fois ci bien plus espérant d’en être. Vos vidéos m’ayant déjà beaucoup apportées.

En bon agent économique et technique, (architecte logiciel de surcroît), je suis porté depuis une dizaine d’années par le projet de produire un ensemble d’outils qui permettraient de nous « sauver » de cette fin du monde ayant déjà eu lieu. ^^
( Qui a dis qu’on devait respecter la concordance des temps, après tout ? )

J’aimerai beaucoup échanger avec vous sur la conception de cet outil. 
N’ayant qu’un point de vu de technicien (par définition limité), je pense indispensable d’intégrer le point de vu d’un anthropologue dès l’élaborations des fondements.

L’idée est de développer des outils véritablement sociaux (et donc aussi politique, au vrai sens du terme), de re-donner aux gens le pouvoir de faire communauté (à taille humaine), et de tisser des liens « symbiotique » diriez-vous, avec les autres communautés. Ou plus humblement, d’au moins leur fournir des outils qui n’asservirons pas ces humains, groupes et communautés à des pouvoirs hégémoniques ou des idéologies destructrices du « sujet ».
La propriété culturellement dissolvante des mondes virtuels tenant, pour moi, plus de la volonté hégémonique de ses patrons-commanditaires ultra-libéraux, que de sa nature informatique. (qui peut aussi être très émancipatrice, « culturante » et dé-centralisée)

Vos vidéos m’ont déjà beaucoup aidé à élargir mon point de vu, éviter des écueils, et intégrer des oublis important (comme la place à donner aux morts dans une communauté humaine, si on tiens réellement à sacraliser la vie et non la seule performance économique et technique)

Ma démarche : Plutôt que de chercher des « idées neuves », je pense plus pertinent d’essayer d’adapter et d’intégrer aux outils informatiques modernes des pratiques ancestrales communautaires, aujourd’hui oubliées. (Notamment des pratiques décisionnelles démocratiques et relationnelles, sans « votes » si possible. )
J’aimerai bien être éclairé sur des pratiques qui, bien qu’effacées en surface par le macro-système économique, resteraient ancrées culturellement dans notre inconscient collectif. Pratique qui, par ces racines, reprendraient à mon avis rapidement sens, et seraient facilement (ré)assimilables. Bien plus que des « nouveautés » intelligentes, mais qui « compteraient » sur un effort important d’adaptation de la part des utilisateurs.
J’imagine aussi plus efficace d’intégrer des pratiques déjà éprouvées, donc enrichies et nuancées par l’expérience et la critique humaine.

Sans être un connaisseur du domaine, je pense à la pratique du crédit dans les sociétés orales, et du sentiment de « quittitude » (désolé pour le terme : Le sentiment de se sentir réciproquement quitte, et la ritualisation permettant de l’affirmer et de l’affermir dans le temps).
J’aimerai m’inspirer des savoirs faire de « l’ancien monde » pour offrir des alternatives fiables et subjectives aux pratiques financières et contractuelles modernes, écrites, « objectivés » par la mesure, et dé-sujetisée par la suppression de l’interprétation.

Je tente aussi de résister à la fagocitation de la sphère sociale par la sphère professionnelle. À lui redonner une place importante, permettant au groupe de se (re)poser comme protection (solidaire) des individus dans leurs interaction avec le monde et les autres communautés. Cassant la tendance à l’atomisation des individus, dans leurs rapports au reste du monde.

J’essaye également d’informatiser l’oubli, ou d’intégrer du droit au mensonge. ( seule arme permettant réellement à mon avis de résister à une oppression informatique-tive illégitime. Arme qui me semble indispensable dans toute organisation humaine, mais particulièrement dans un monde de plus en plus soumis au « jugement populaire » et au flicage généralisé. )

Bref.
Je vous propose de vous offrir un café pour en discuter, si j’arrive un jour autours de Paris. Ou communiquer par mail.
( Je suis actuellement à Cambridge. Et je vais ré-aménager prochainement en Bretagne. Mais je compte me déplacer souvent sur Paris. )

Dites moi si l’idée vous intéresse.


PS :
Je précise une chose importante.
Le but de l’application n’est pas vraiment lucratif, et je ne crois pas que qui que ce soit gagnera grand chose. Mais par principe et pour éviter toute forme d’abus, si monétisation il y a pour rémunérer les travailleurs, chacun disposera d’un droit proportionnel à son investissement en temps passé dessus.

Même s’il s’agira vraisemblablement plus de « droits » symboliques que d’argent sonnant et trébuchant, la considération de tous les apports me semble importante, en particulier à une époque où la valeur du travail n’est estimée que lorsqu’elle est « comptabilisée », et où les apports « humains » sont rapidement effacés devant les apports en numéraire.


Si vous acceptez de vous prêter au jeu, la mesure est auto-estimée, à la louche subjective. Et représente plutôt un « temps subjectif » qu’une mesure exacte des secondes passés. (À vous de faire la part du temps que vous considérez passé sur ce sujet )

mardi 5 février 2019

Informatiser la mort


Quelle place donner à la mort dans mon système.

Le déni de notre société de la mort, à nous considérer uniquement que comme des agents économique et technique, conduit à ne pas respecter la vie.
Si la mort n’existe pas, tuer n’est pas pris en compte dans les calculs de rentabilité.

La sacralisation de la mort est indispensable à la sacralisation de la vie.

Comment intégrer la mort dans un système virtuel est un grand enjeu.
Un système où si on meurt, les autres gens le savent.

Un endroit où la mort permet de re-tisser des liens. Des liens avec les morts, mais aussi des liens entre les vivants.

J’ai pensé à une zone cimetières dans les groupes. Où sont présenté et vénéré les morts.

Je pourrais ajouter un autre système à la « bulle » de l’individu, une crypte, lorsque la personne meurt, transversales aux groupes de l’individu et qui permettra la rencontre des sphères. De re-découvrir à travers les échanges avec les autres la personne morte, et re-tisser des liens avec elle.

Dans ce monde virtuel, on pourrait re-constituer une matérialité : conserver matériellement un hommage conservant les informations sur le défunt.
Et les effacer de la sphère numérique. (Ou indiquer la mortalité)

Intégrer une ritualisation de la mort propre à chaque groupe pour former une culture propre aux groupe.

samedi 2 février 2019

Peer-bank


Utiliser le principe du peer to peer (et quelques autres) pour monter un organisme de financement bancaire.
À savoir, non pas « chercher » l’argent (type crowd-funding), mais bel et bien conserver la masse monétaire rassemblée, et pouvoir la rendre fluide aux moments voulus (c’est à dire, effectuer les paiements)

( La partie « récupération » d’argent du système pouvant être dédié à un autre module… de crowd-funding )

Un certain nombres de principes peuvent sous-tendre ce fonctionnement.

  1.  La grande majorité des gens sont honnêtes. La proportion de malhonnêtes peut être assimilé à un coût de fonctionnement.
  2. Une solidarité peut être organisée pour la répartition des risques de malhonnèteté de certains acteurs. utilisant soit un système par capitalisation, soit par répartition. (certains acteurs acceptant de quotiser un peu plus que ce qu’ils doivent pour l’amortissement des défections des malhonètes)
  3. Si la cause est juste, le fait de stoker un bien pour autrui peut être un facteur impliquant. Facilitant des apports personnels, compensant les éventuelles pertes malhonnêtes.
  4. Une blockchain ne permet pas d’empêcher la fraude, mais permet de savoir globalement qui doit quoi et la proportion de fraude, même en préservant l’anonymat. Sauf si une majorité de détenteur accepte (pour des besoins très précis) de dévoiler les éléments cryptés. La peur d’être dénoncé publiquement pour une fraude peut suffir à réduire l’envie de malhonèteté (et surtout préserver l’idée de rester dans le droit chemin).
  5. Une blockchain permet de passer un contrat inclus dans le mécanisme lui-même. Ce système permet donc d’établir une certaine confiance. En particulier sur l’information générale (visibilité, voir transparence, du réseau virtuel global) en particulier le rapport entre les pertes et les cotisations réclamés
  6. En utilisant les techniques des systèmes d’information, on peut se servir du réseau bancaire existant comme sous-réseau, permettant la construction d’un réseau monétaire virtuel. (reposer sur le système de l’argent liquide peut aussi être une possibilité, mais contraignant les mouvements d’argent à une localité des intervenants)
  7. En jouant sur ces mêmes principes, et en se basant sur de petits échanges individuels, on peut rendre quasi-invisible, et intraçable sur le réseau réel, les mouvements d’argents du réseau virtuel.


Défaut (?) :
  • ça repose sur des actions humaines volontaires. (effectuer un virement) Donc limités dans le temps. Chaque individu du réseau ne pouvant traiter qu’un faible nombre d’action.
  • Ce même fait rend le fonctionnement très sensible à l’implication humaine individuelle pour la cause globale.
  • Le système d’information transmettant les ordres de virements aux acteurs est extrêmement sensible. Il doit pouvoir être intégré dans une blochaine conservée globalement.
    • Chaque ordre de virement individuellement reçu doit pouvoir rapidement être vérifiable sur l’ensemble du système. Il doit correspondre à une demande réelle du réseau virtuel à effectuer des paiements.
      • Puisqu’il s’agit des « sorties » d’argent du système, j’imagine que l’entrée d’argent doit aussi être un élément sensible.
    • L’information du solde total de ’responsabilité’ qui doit être fournis doit aussi être intégré à la blochain, observable uniquement par la volonté de l’acteur, ou par une mesure majoritaire du réseau.
  • Faire dépendre ce système du réseau bancaire classique entretiens un risque d’effondrement par ce biais, si le réseau porteur principal s’effondre. (disparition massive de comptes sur lesquels étaient conservés les sommes). Toutefois, s’il ne s’agit que de petites sommes, détenues individuellement, la résiliance pourrait porter sur le sentiment de dette des acteurs, et leur redevabilité ou implication dans ce système, plus que sur le réseau bancaire lui-même.
  • En revanche, ce système dépend fortement du réseau informatique, par lequel s’effectue ces vérifications et informations de virement ou de solde.
  • Ce système dépend aussi fortement du réseau humain lui-même. Les décès, les emprisonnements, les abandons du système par les acteurs eux même se répercutent sur les sommes conservées, et aussi sur les capacités d’actions du système.


Nécessités :
  • Préserver l’anonymat global des acteurs, sauf sur mesure majoritairement voté par les acteurs du réseau. ( par exemple pour juger d’un cas de fraude ). Cette levé de l’anonymat ne doit pas être une publication générale. Mais un droit accordable à partir d’une certaine majorité de volontaire du réseau, à une personne unique (juge légitime) qui sera astreinte à un certain secret professionnelle. ( valeure qui doit être défendue par la majorité des acteurs nécessaire au dévoilement de l’anonymat )
  • Effectuer localement que de petites transactions, proportionnelles aux mouvements traditionnels de chaque acteurs du réseau. Ce qui exige un système capable de se proportionner au niveau de revenu et d’activité bancaire traditionnel des acteurs… sans les transmettre.


Remarques & idées :

Cette organisation peut prendre la forme d’une application de style « whatsapp » :
  • Qui transmet le solde de chacun.
  • Transmet les ordres de virements
  • Met à dispositions les outils moderne de micro-payement (par virement, par sms, voir par prélèvement…)

Un système de prélèvement régulier de type « facturation » peut aussi être mis en place. Pour créer des nœuds dans le système automatisant un certain nombres de processus. Ces nœuds augmentant la capacité de traitement. Mais restant sensible juridiquement.
La participation d’un certains nombres d’acteurs professionnelle (entreprises), acceptant la prise en charge d’un compte et de virement, peut être mis en parallèle avec le système humain.
Le risque pris, du fait de la responsabilité publiques des propriétaires et de la publication des comptes, est toutefois supérieure.
La possibilité de résider juridiquement à l’étranger, la multiplication des acteurs de faible taille dans le système, la limitation des factures à la proportion du chiffre d’affaire concerné, peut toutefois limiter les risques.
Les nouvelles lois sur la « protection des affaires » ou toutes les lois permettant l’impunité des acteurs économiques important peuvent aussi être utilisées.

Ce système peut être étendu, voir mixé, à d’autres valeurs que monétaires. Sur plusieurs devises, mais surtout :
SUR DES ACTES DE PROPRIÉTÉ, notamment d’action d’entreprise ou d’actes de propriétés de bien réels.
La transmission d’actes de propriétés sur un cadastres officiels contenus dans la blockchain peut permettre d’assurer une transmission de propriété réelle, disjointe du système monétaire classique.
La capacité à prouver la propriété de chacun, sur chacun des bien réels, peut même permettre de remplacer le système bancaire. La fiabilité se reportant sur la notion de propriété privée, donc du droit à faire prévaloire cette propriété dans les territoires ou ce situent ces biens.
=> Ce système peut être couplé à un système de distribution des droits d’usage des biens communs. Les actes de propriétés constituant principalement une garantie de valeur aux « unités » de propriété transmises.
=> Ce système permet aussi d’outrepasser la réglementation du système bancaire, en particulier sur l’obligation des banques à la délation de ce qui se trouve sur leurs comptes et des mouvements des particuliers.

=> Ce système couplé au extraordinaires libertés offerte au trading devrait permettre à des « nœuds » bancaire ou d’entreprise de tradding, d’effectuer de très nombreuses transactions de propriétés pour le compte d’autruis, tout à fait légalement.


Un système basé sur les droits de propriétés pourrait aussi permettre l’achat et la vente directe d’immeuble, ou de matière première. (les biens, c’est plus difficile, du fait de l’usure et de l’usage)
En effet : imaginons un système de peer-bank basée sur l’immobilier.
Ce sont les droits sur des propriétés immobilières qui constituent la base des transactions. Mais quelqu’un voulant acheter une maison peut ainsi demander aux acteurs « fluide » possédant ladite maison de lui en transmettre la propriété. Faisant ainsi « sortir » cette maison du système, pour la vendre à un des bénéficiaires possédant cet argent sur son compte virtuel.
Il a ainsi acheté cette maison, et en détient la totalité des actes de propriétés.

Un tel système peut probablement être généralisé à l’achat et la vente d’autres biens importants. (nécessitant un stockage, ou une préservation sur un long terme)
Un producteur pourrait placer l’ensemble de ces productions dans le système, (entrée, et possession d’un solde propriétaire dans le système) et la vente réelle de ces biens pourraient constituer des sorties.
Se pose toujours la question de la livraison de la marchandise, ou de la prise de possession réelle de l’objet.

Un tel système de valeur basée sur la propriété des biens peut permettre la gestion de bien commun, par le droit d’usage attribué à telle ou telle cause, et l’entrée ou la sortie de propriété dans ce système permet les apport et les retraits réel du système.
L’acquisition d’un droit d’usage d’une maison peut également constituer une sorte de « vente » en préservant la valeur de la maison dans le système d’échange.

Toutefois, dans un système basé sur la propriété de bien réels, il devient nécessaire de s’assurer de la valeur réelle de ces biens, ainsi que de leur préservation. Les risques physiques interviennent aussi sur la possible perte de valeur. (ex : un incendie peut faire disparaître la valeur d’une maison). Ce qui implique la nécessité d’un coût de gestion et d’entretien de ces biens.

jeudi 17 janvier 2019

Deuxième participation politique

Mes motivations, donnés à l’inscription au groupe des gilets jaunes.

Trouver, ensemble, le moyen d'émanciper les gens du pouvoir politique et financier. Regagner notre souveraineté non seulement nationale, mais surtout individuelle et collective au sens premier de ce mot.

Redevenir des êtres humains dignes, et aimable (qui peuvent être aimé), indépendamment de notre productivité ou de notre "utilité" professionnelle.
Re-créer une sphère sociale, et faire reculer l'hégémonie de la sphère professionnelle dans nos vies.


samedi 29 décembre 2018

Le hasard fait tourner le monde

Statistiquement, sur 7 milliards de personnes, si tu prend des « acteur con » qui ne font que prendre des décisions au hasard, tu aura forcément quelques « success story » totalement incroyables, de succès inimaginables.

Les phénomènes sont hasardeux. Aucune intelligence n’est nécessaire pour produire cela.

Plus les choses sont injustes, plus notre esprit essaye d’invoquer une « puissance supérieure » pour rendre juste le phénomène. Comme pour celui qui survie à 5 accidents d’avion successifs : ça doit être un génie de la survie.


Le hasard implique autre chose :
Comme au casino : plus tu as d’argent, plus tu as de chances de gagner, car tu peux continuer plus longtemps.

Quelqu’un qui ne sait pas jouer au poker et joue au hasard, s’il a des milliards, gagnera forcément, même contre quelqu’un de super doué et intelligent, mais avec très peu d’argent. Ce dernier finira forcément ruiné.

Plus il y a de hasard dans le jeu, plus cet effet est marqué.
Car il y a forcément un moment où la malchance s’accumule, (même chose que pour les success Stories).
Celui qui survie et s’accapare la fortune de l’autre n’est pas le plus intelligent, mais simplement celui qui avait beaucoup plus d’argent.

Une banque (Ou un casino) sera toujours le gagnant, le hasard ne départagera que les très riches entre eux, tout les autres se feront plumer.
On appellera ça la jungle, un monde sans pitié et difficile... et on croira d’autant plus à l’intelligence de ceux qui survivent.
L’esprit humain ne supporte pas l’injustice.
L’esprit humain possède aussi une incroyable faculté au déni de réalité, et à inventer des histoires totalement fantastiques et plus agréable pour mieux supporter cette injustice.



Le mythe du rêve américain est un mensonge qui permet aux riches d’exploiter les pauvres par ce mécanisme :

Leur faire oublier que c’est uniquement le hasard et certainement pas le talent qui fait que tu réussi ou non, et le fait que les riches par leur capacité à absorber les échecs gagneront toujours, même face à l’intelligence.

mardi 18 décembre 2018

Informatisation de la vengeance


Les devoirs clanique consistaient souvent en une solidarité d’assistance et de vengeance.

Je trouve la dissociation du concept de solidarité en deux concept d’assistance et de vengeance très intéressante.
L’assistance a donné nos structures modernes d’assurance. À priori, il ne me semble pas exister de structures sociales bâties sur le concept de vengeance.

Cette idée est extrêmement subversive. Et je me demande si la suppression de la vengeance dans nos sociétés moderne, patente de la suppression de la violence, ne fait pas partit d’un système de domination.

Si la violence, comme la notion de vengeance, est humaine. Alors un système la régulant et l’organisant doit sembler, non « bénéfique », mais tout du moins -socialisant-
L’étude de l’organisation sociale moderne de la vengeance me semble extrêmement intéressante.

Dans un paradigme de résistance, ou à minima d’indépendance, la notion de riposte à une agression et la capacité à organiser cette riposte me semblent intéressante.

À la réflexion, je me demande si les organisations de pétitions, de lutte juridique collectives, certaines ONG « activistes », ou le journalisme d’investigation ne sont pas des sortes d’organes d’un système de vengeance.

L’organisation de la vengeance me semble comparable aux autres organisation dont nous avons plus l’habitude : 
  • Organisation de la décision
  • Organisation financière (répartition des ressources & richesses)
  • Organisation de l’assistance (assurance & répartition des risques)

Comme il peut y avoir plusieurs organisations de la décision (totalitaire, démocratique etc...) il peut y avoir plusieurs organisations de la vengeance. Plus ou moins (voir non) violente.

À y réfléchir, l’organisation de la vengeance peut aussi donner lieu à une organisation rituelle et symbolique pour reconstruire l’affect, retisser les liens sociaux ou les personnes. Exemple :
Le chacureil qui décide de brûler dans le feu de famille de noël ses feuilles officielles d’échec au permis moto.

La vengeance n’est pas seulement à prendre au sens d’agressions inter-personnelles. Elle peut aussi s’attaquer à des événements, à l’environnement, à un système. Et prend en charge une -réparation- à une agression.