dimanche 26 février 2017

Pluie

Pluie

Après le temps des nuages, les douceurs cotonneuses, et l’instant -saisissant- de la foudre et du déchirement, viens le temps de la pluie.
Cette immuable.
Qui ralentis le temps et le transforme en mouvement, imperturbable.
Le temps de l’eau grave.
Celle qui nous relie à la terre, verticale en retour d’oraison. Qui refroidi nos têtes chaudes, nos cœurs emballés et notre devenir.
Nous rejoignant, insidieusement, aux cavités sourdes et eaux profondes, 
Qui nous ramènent aux fondations,
En nous.

Le temps de l’eau qui grave.
De celle qui nous creuse en sillons, en ride, en abrasion. Qui fend comme nos larmes, nos masques de terre, de terreur et de boue.
Qui nous laves et nous rend à nous-même, comme aux autres, d’un même ton.

L’eau qui calme, et qui se fait son.
Son ambiant, son étouffant, son qui apaise et qui pèse.
Son qui coule, et qui refoule nos pesanteurs, nos peurs et nos ambitions.


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