mercredi 28 décembre 2016

Quittitude et sociétisation

2 mot inventés

La quittitude est un état d’esprit qui consiste ou qui vise à « être quitte »

Attention, cette notion n’est pas connoté.
La quittitude est fortement lié aux la valeur d’indépendance et d’individualisme.
L’objectif reste de couper, ou terminer, les liens, ce qui peut être utile et même nécessaire, mais ne peut, en lui-même, être constitutif d’une société.


Tout comme la valeur d’un service ou d’un objet, qui pour chacun des participants est de part et d’autre du prix de vente, la quittitude est une notion subjective et relative.

S’en suit que la relation de quittitude, entre deux individus, ne peut être résumé au constat « comptable » d’une balance universelle à 0.

Si l’état d’un individu dans la relation est triple ( créditeur, débiteur ou quitte), la relation elle-même entre deux individus sera définies par 9 états distincts, qui répartis symétriquement, fonderons 6 types de relations.

Deux type de relation classiques et d’apparence objectives :
  • La dette assumée : un débiteur et un créditeur.
  • La quittitude réciproque : les deux se sentent réciproquement quittes.

Qui, compte tenu de la relativité de la valeurs, doivent être complétés par : 
2 relations symétriques, fortement liés :
  • La créance réciproque (ou double créance) : les deux se sentent créditeurs l’un de l’autre.
  • La dette réciproque (ou double dette) : les deux se sentent débiteurs l’un de l’autre.
et 2 relations de fuites :
  • La négation de dette : l’un des deux se sent créditeur, l’autre quitte. (il nie la dette)
  • La négation de créance : l’un des deux se sent débiteur, l’autre quitte (il nie la créance)


Conflit et la stabilité de ces relations.

Les individus ne souhaitent pas nécessairement être quittes. S’il est rare (quoique) de vouloir se sentir endetté, beaucoup de gens aiment se sentir créditeurs des autres.
À la réflexion, certains aiment se sentir endettés. Dans le sens où ils fuient une relation où ils seraient exploités par les autres, et préfèrent « prendre » aux autres plus qu’« offrir », quitte donc à se retrouver dans des situations de dette permanente vis à vis des autres.

S’en suit que chacune de ces relations peut ou peut ne pas être conflictuelle.
Autre subtilité : chacun peut, ou non, assumer ses propres sentiments, et peut -ou non- accepter le point de vue de l’autre.
Exemple Angeeeel et moi avons une relation de type négation de dette assumée. Je lui ai offert beaucoup, et elle se sent quitte ( aujourd’hui ), mais assumant ma volonté de me préférer créditeur que quitte, le déni de créance ne me disconvient pas. De son côté, je suppose que le sentiment de ne pas s’être faite exploitée l’emporte sur l’insatisfaction de se sentir débitrice. Insatisfaction résolue par « l’oubli » (cf plus loin)
Par contraste, beaucoup de personnes se « pensent » généreuses et préférer être créancier, mais ne le sont pas réellement. Et s’ils acceptent les situations où ils seraient créancier, ils ne supporteraient pas une situation de négation de dette.


L’oublis dans la quittitude.

La notion d’oublis est très importante dans la notion de quittitude.
Les sentiments tant de créance que de dettes s’atténuent avec le temps.
À tel point que les Historiens soutiennent qu’il est probable que l’écriture se soit développée principalement dans le but de lutter contre l’oublis des dettes. ( Les plus vielles traces d’écritures étant des tenues de comptes, avant même son utilisation religieuse )

Une société basée sur les rapports objectifs et rationnels favorisera l’écriture comptable, et luttera contre l’oublis des dettes.
Une société basée sur les rapports subjectifs et affectifs favorisera l’oublis des dettes, la re-négociation, la ritualisation et la « cérémonisation » des évènements marquant la « quittitude réciproques »

L’oublis des sentiments de dettes est en effet un outil puissant dans l’apaisement des conflits.
La notion de vengeance par exemple, n’est que l’exacerbation de sentiments de dettes dont l’objet n’est pas financier mais basé sur la souffrance provoqués.

L’oublis est aussi, cérébralement, une fonction vitale.
Nécessaire à la libération des ressources de traitement des informations, à l’établissement de priorité, et à la focalisation sur les éléments important.
Je pense par ailleurs que la disparition et la non-informatisation de l’oublis dans nos sociétés est une des grandes problématiques de notre époque.


Les relations liantes, et double dette.

La quittitude est un mécanisme social important afin de rompre les liens. Ce qui est aussi utile dans une société que les mécanismes générant les liens.
Mais d’autres états de relations peuvent être utiles afin de péréniser des liens épanouissant.

En gardant en tête ce qui a été dis précédemment sur la relativité de ce qui peut être une relation stable et épanouissante, et en notant que la stabilité des liens peut aussi être obtenue dans les rapports conflictuels. On peut toutefois dégager certaines tendances majoritaires. ( principalement dû à notre culture, favorisant une large prédominance de certaines valeurs et de certains comportements. )

L’ensemble des relations possédant une notion de quittitude, ( individuelle et à fortiori réciproques), sont des relations de rupture de lien.
Parmi elles, les relations de négation de dette ou de créance sont dans l’ensemble majoritairement conflictuelles.
La négation de créance étant plus simple sur le plan matériel, car elle consiste dans la négation d’un remboursement par le créancier.
Et la négation de dette étant la moins épanouissante, et de loin la plus conflictuelle. ( car un des deux se sent floué )

Les relations de dette classiques, de créance ou de dette réciproques, sont fédératrices dans le sens où elles entretient les liens  (et ce, même si la relation est conflictuelle, ou non-épanouissante. )
La relation de double créance, bien que préservant les liens, semble être la plus conflictuelle et la moins épanouissante. Dans le sens où elle intègre les relations où les deux se sentent floués par l’autre.


À l’inverse, la relation de double dette, où chacun se sent le débiteur de l’autre (que l’autre l’assume ou non), semble très fédératrice.

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